L’île dorée

Bien que Noël approche à grands pas, je suis ma foi fort bien déconnecté de la magie des fêtes de fin d’année. J’ai remplacé la neige et le bonnet par le sable chaud et le chapeau de paille (et je ne vais pas vous le cacher, ce n’est pas désagréable).

Suite à mon expédition sur l’île déserte de Rangitoto, je décide de continuer à jouer le capitaine Cook du dimanche et de naviguer vers un autre havre de paix. Cependant, histoire de varier un peu les plaisirs, je change totalement de style d’île et mets les voiles cette fois-ci sur la plus grande -et visitée- du coin : Waiheke Island alias Motu-Wai-Heke en Maori (que l’on peut traduire par « l’île de l’eau qui ruisselle »).

9h00 : sac prêt √, maillot à fleurs prêt √, chapeau prêt √ et surtout crème solaire indice 50 prête √ (la couche d’ozone est si fine en Nouvelle-Zélande qu’il ne faut pas long pour griller tel un toast au four). Direction les quais du port d’Auckland !

Arrivé à ces derniers, je me délaisse de 35$ et j’embarque dans le ferry. Les 40 minutes de trajet me laissent le temps d’élaborer un plan de voyage. Waiheke est réputée pour trois choses : sa beauté naturelle, ses plages et surtout ses vignobles. Je rassemble tous ces éléments et mon plan de la journée ressemble donc à ceci : petit 1 louer un vélo et découvrir les recoins cachés de l’île, petit 2 profiter de la plage et faire mon premier plongeon en eaux néo-zélandaise et petit 3 m’offrir une dégustation de pinard (autant dire que j’ai un programme sacrément chargé).

« Waiheke est une île coupée en deux mondes bien distincts. D’un côté tu trouveras les millionnaires et leurs somptueuses villas et de l’autre les hippies et leurs guitares. »
– paroles d’un kiwi

Une fois amarré à l’ouest de ces terres perdues dans le golf de Hauraki, je remarque que j’ai failli à la règle d’or près-expédition : je n’ai encore rien avalé de la journée (et ça, ça ne va pas du tout), rien à me mettre sous la dent au port, je trace ma route direction le premier village sur ma carte : Oneroa. Cette première petite balade m’offre un avant-goût de ce qui m’attend tout au long de la journée ; de la verdure, encore et encore. Des palmiers géants émergent ici et là de la canopée, des oiseaux aux cris digne d’une flûte traversière chantonnent et un soleil de plomb s’abat au-dessus de mon chapeau de paille.

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Welcome to the jungle

Oneroa est en fait plutôt une longue rue qu’un village à proprement parler. De chaque côté de celle-ci se trouvent des restaurants, des cafés des artisans aux échoppes remplies d’items et souvenirs de toutes sortes ainsi que des galeries d’art. Une atmosphère particulièrement détendue et agréable règne en ces lieux (tellement captivé par l’instant présent, je remarque en retranscrivant mes notes sur mon ordi que je n’ai pas pris une seule photo du village…).

Un doux fumet de viande grillée et d’oignons caramélisés arrive à mes narines, je suis ce dernier tel un fox terrier en pleine battue et arrive devant une pancarte « Angus burger & Beer 18$ », rien de tel qu’un bon morceau de bidoche pour débuter la journée.
Je profite de cette halte culinaire pour taper un peu la discute avec le serveur (un soixantenaire fort sympathique au physique à mi-chemin entre Tortue Géniale et Bruce Willis) et il m’explique rapidement que mon idée d’expédition à vélo est bien jolie mais toute pourrie. L’île a un dénivelé de montagne russe et est surtout bien plus vaste que ce que j’imaginais, il me faudrait un weekend entier pour espérer y faire le tour en deux roues.

Changement de plan, je troque les pédales pour la marche et le bus (autrement dit la méthode semi-flemmarde).

Quittant la rue principale (donc la seule) du village, je descends le long d’un petit sentier et tombe sur ceci :

cof

L’île regorgeant de plages plus splendides les unes que les autres, je décide de ne pas céder à la première venue et continue ma route à la recherche du banc de sable parfait pour ma sieste de digestion (oui, c’est comme ça, je fais la diva aujourd’hui).
La rue regagnée, je saute dans le premier bus venu et décide de m’arrêter au feeling. Cette balade motrice me permet de découvrir le côté « millionnaire » dont on m’avait parlé, de somptueuses villas aux gigantesques baies vitrées me rappelant la demeure de Tony Stark se fondent dans la végétation. Au vu du prix complètement débile de l’immobilier à Auckland, je n’ose même pas imaginer la valeur d’une de ces beautés sur une île comme celle-ci.

Après un quart d’heure à admirer le paysage par la vitre sale de mon bus, je m’arrête à un bus stop en bois au doux nom de Palm Beach (ce blase sonne bien, il me plaît). Il ne me faut que quelques pas le long d’un chemin dans le bush pour apercevoir l’objet de tous mes désirs. Elle est là, au loin, cachée dans une crique entre deux falaises et brillante de son sable doré :

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Salut toi !

C’est alors que je pose le premier pas sur le sable (tellement chaud qu’il me crame toute la voûte plantaire) que je m’aperçois que non seulement je ne suis pas le seul à avoir déniché cette plage mais qui plus est je viens de trouver les fameux hippies !
Les gens, de tous âges, sont pour la plupart nus. Une agréable odeur de Marie-Jeanne flotte dans l’air et, comble du cliché, il y a même un gars qui joue du Banjo.
L’endroit est incroyablement relaxant, l’eau aussi claire que de l’Evian, je me laisse prendre par l’ambiance du lieu. J’enfile mon maillot à fleurs pour la première fois de l’année et saute dans l’océan (par contre 20 degrés ça reste un peu frais pour le petit Suisse que je suis).

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Et on essaie pas de zoomer pour voir un téton, je vous connais.

Se pavaner c’est bien beau mais j’ai un programme à suivre !

Le troisième point de ce dernier concerne ce qui attire la majorité des touristes sur l’île : les vignobles. La Nouvelle-Zélande est une étoile montante dans l’industrie du vin, bien qu’elle comporte moins d’1% du domaine viticole mondial, la qualité de ce dernier séduit chaque année de plus en plus d’oenophiles. L’excellent climat, la situation géographique, le savoir faire de passionnés ont fait que les wineries (caves) ont triplé en 10 ans !

Ça, c’était pour le côté histoire, maintenant, place à la dégustation.
Sous les conseils de mon ami Tortue Géniale le serveur, je me rends à Goldie Estate, le plus vieux vineyard de l’île. La première chose qui frappe en arrivant là-bas est le massif chêne trônant fièrement en milieu des vignes (si majestueux qu’il en est devenu le symbole du lieu).
Après un accueil chaleureux, on me propose deux types de dégustations : la partielle à 10$ ou la complète à 20$… je n’ai pas fait tout ce trajet pour faire ma mijaurée, attrape les 20 boulaisses !
Chardonnay, Syrah, Merlot… les cépages s’enchaînent dans ce cadre idyllique à mi-chemin entre Hobbiton et la Bourgogne. Plus je déguste et plus je me dis qu’en effet, les vins d’ici n’ont rien à envier aux grands crus européens (big up au Merlot élévé en fût de chêne). Jour de chance, un mariage s’organise juste à côté ce qui me vaut quelques amuse-gueule offerts.

ChardoChene.jpg
Comptez entre 30 et 80 dollars la bouteille, ça pique un peu mais quand on aime…

La journée touche à sa fin et j’ai bien l’intention de profiter encore un peu du sable fin de Waihekej’embarque quelques acras du banquet pour la route (vive les mariés) et je file à la découverte d’une autre crique sauvage !

Je ne pense pas avoir le temps de visiter une autre île d’ici la fin de l’année… ceci dit, il se pourrait bien que Rotorua, lieu de culture Maori réputé pour ses sources chaudes et ses hangi (sorte de BBQ naturel où les aliments sont cuits à la vapeur) se glisse sur ma route très prochainement…

DL

 

2 réflexions sur “L’île dorée

  1. Magnifique!
    Je t’envie! Les paysages sont de plus en plus beaux à chaque étape de ton voyage. Bisous
    «N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît»
    Henry de Monfreid

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