Hit the road, Wilson !

DAY ONE

Lundi 9 janvier 2017, 15 heures 23 minutes et 14 secondes

Le check-up du van terminé, la paperasse remplie, nous voici à bord de Wilson, vieux taco VW bleu nuit de 1982 avec lequel nous allons traverser la Nouvelle-Zélande.

Comme l’a si bien dit Lao-Tsen il y a de ça plus de 1500 ans : « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas »… notre voyage à nous a commencé par un calage complet du moteur. Ce bon vieux Wilson n’étant plus tout jeune, sa mécanique peut être parfois capricieuse et ses changements de vitesses aléatoires. Cependant, après un premier échec, place au grand départ !

L’idée du jour, en plus de se familiariser avec le van et la conduite à gauche, est de commencer gentiment notre descente de l’île du nord en passant par Hamilton et de trouver un premier endroit où camper dans les alentours d’Hobbiton afin de s’y rendre le lendemain.

cof
Wilson vu de l’intérieur

Voulant faire les grands aventuriers d’entrée de jeu, nous avons opté pour la version GPS old school : une carte papier pour chaque île, des croix sur les endroits à voir et un tracé au stylo pour se souvenir de notre itinéraire. Cependant, malgré une grande motivation et une organisation sans faille (enfin presque) cette méthode s’est vite avérée… peu efficace. Après une heure et demie de route, nous voici perdus face à l’océan (alors qu’Hobbiton  ne situe pas du tout vers la côte mais plutôt en plein milieu des terres).

maps clevedon hobbiton
En bleu, le trajet espéré, en orange, le trajet effectué…

Demi-tour donc et changement de techniques : place à la technologie. C’est le moment de sortir Google Maps et CamperMate !
En ce qui concerne Google Maps, inutile de vous expliquer ce que c’est. Ceci dit, ayant désactivé l’abonnement web de mon smartphone le temps de mon séjour en Terre du Milieu, il m’a quand même été possible d’utiliser le GPS de Google en téléchargeant au préalable toutes les cartes de la Nouvelle-Zélande. Pratique, gratuit et terriblement efficace.

Pour ce qui est de la deuxième application, elle nous a sauvé la mise et fait découvrir d’incroyables lieux plus d’une fois. Camper Mate est le majordome du roadtrip. Grâce à elle, vous allez pouvoir savoir ce qui se trouve autour de vous (et à plus grande échelle tout ce qui se trouve dans le pays) : campings, douches publiques, points de vue, choses à faire, lieux de tournage du Seigneur des Anneaux et du Hobbit (très important !), wifi gratuit etc. Bref, le combo Maps + CamperMate devient rapidement indispensable pour tout roadtrip en Nouvelle-Zélande ou en Australie.

A nouveau sur la bonne voie, je commence petit à petit à m’habituer à la conduite et aux vitesses inversées. Ce qui s’annonçait comme un calvaire l’est en fait beaucoup moins que prévu. Il m’arrive certes parfois d’hésiter aux intersections mais dans l’ensemble ça roule comme sur des roulettes (bon d’accord, je démarre souvent en 3ème parce que je galère avec l’embrayage mais ce n’est qu’un détail… pas vrai, Wilson ?).

Cette première petite virée en van nous donne un premier aperçu des routes kiwis ; vides, droites (enfin ça c’est ce ce que je croyais avant d’aller sur l’île du Sud) et paisibles. De nombreux oiseaux prennent plaisir, pour une raison qui nous échappe encore, à se relaxer au beau milieu de la route. Non pas au bord ou sur les arbres qui la bordent comme tous les oiseaux du monde mais bel et bien au beau milieu de celle-ci.
C’est pourquoi, sélection naturelle oblige, nous avons croisé des centaines de piafs aplatis tels des galettes fajitas lors de notre trip (et aussi un nombre incroyable d’opossums dans le même état, mais on reviendra plus tard sur ces derniers).

Fin de journée, après avoir roulé tout l’après-midi (et tourné un peu en rond), nous arrivons dans les alentours d’Hobbiton. C’est en suivant le cours d’une rivière que nous tombons nez à nez avec un paisible coin au bord d’un lac. Chance du débutant ou grande maîtrise, il s’agit d’un DOC (Department Of Conservation), un camping sans infrastructure mais gratuit pour les self-contained (et très souvent avec une jolie vue).
L’endroit est parfait pour un premier arrêt et surtout une première nuit, nous passons le reste de la soirée à jouer à Magic et à aménager Wilson afin que tout soit parfait pour notre première journée complète de demain…

first stop
Premier lieu trouvé au hasard : le lac Karapiro

DAY TWO

Mardi 10 janvier, 8h30

S’il y a bien une chose à ne pas prendre à la légère si vous désirez vous lancer dans un roadtrip (ou même, un voyage sous n’importe quelle forme) c’est bien le café. Wilson tourne au sans plomb, moi à l’espresso.
Fort heureusement pour moi, je suis bien entouré ! Géraldine a embarqué dans ses bagages une petite cafetière italienne qui nous a apporté une tasse de combustible et de joie chaque matin.
Cette première nuit, bien que très agréable, nous a mis en garde contre un ennemi s’annonçant redoutable pour la suite de ce voyage : le mozzie. Véritable vampire miniature, ce petit moustique s’immiscera dans la moindre parcelle de votre corps non recouverte afin de s’y délecter de votre sang. Et ce toute la nuit si ça lui fait plaisir.
Note à nous même pour la suite : bien fermer les fenêtres ainsi que les portes et se pulvériser d’anti-moustique chaque fois que l’on se trouvera près d’un point d’eau (nous apprendrons par la suite qu’en réalité, l’anti-moustique, eh bien ça ne sert à rien).

Un quart d’heure plus loin au sud du lac Karapiro, nous voici à Hobbiton. Y étant déjà allé lors de mon arrivée en Terre du Milieu, je ne vais pas récrire sur cet incroyable lieu mais vous dirigez VERS CET ARTICLE si ça vous titille de savoir de quoi il s’agit.

Après une longue visite du village et un bon cidre avalé à la taverne du Dragon Vert, nous reprenons la route et nous dirigeons cette fois vers la première grande découverte naturelle de cette aventure : Blue Springs !

Vous savez, lorsque l’on voit un reportage sur National Geographic, que l’on guigne des photos de paysages ici et là sur internet si incroyables que la première chose qui nous vient en tête est « c’est retouché c’est obligé » ou « ouais mais en vrai c’est pas du tout comme ça »… En Nouvelle-Zélande, si. La nature est aussi belle, que dis-je, bien plus belle en vrai que tout ce que vous avez pu imaginer ou voir à travers vos écrans. Blue Springs en est un exemple parfait ; l’eau de cette rivière est si pure qu’elle en devient transparente (là je vous voir venir avec vos « ouais mais l’eau c’est transparent de toute façon tu dis n’importe quoi« … certes, sauf qu’ici on ne parle pas du ruisseau à moitié desséché qui coule en bas de votre jardin, non, on est ici sur un tout autre niveau de pureté :

bluespring.jpg

Cette source alimente 70% de la Nouvelle-Zélande en eau potable, constamment à 11 degrés peu importe la saison, il vous faudra une bonne grosse dose de courage pour vous y tremper plus que les gibaules.

Après une petite balade en forêt le long de l’eau, nous décidons d’inaugurer la cuisine intégrée de ce sympathique Wilson (marcher, ça creuse). Au menu du jour : pennes à la crème et au saumon (eh ouais, c’est pas parce qu’on campe qu’on ne peut pas se faire plaisir). Un article sera dédié à « comment faire de la haute gastronomie dans une cuisine de 30cm carré » afin que vous deveniez tous de vrais Bocuse du camping.

Repus et revigorés par ce gueuleton, place à la dernière activité du jour avant de devoir se trouver un coin pour la soirée : Huka Falls (les chutes de Huka). Située proche du plus grand lac du pays, le lac Taupo, c’est le lieu naturel le plus visité du pays. Son débit de 220 000 litres d’eau par seconde équivaut à une piscine Olympique remplie toutes les 11 minutes. Non, je déconne, toutes les 11 secondes.

HUKA.jpg

La puissance qui se dégage de cette chute (qui ressemble plutôt à un couloir de la mort qu’à une chute) est phénoménale (le bruit aussi). Entre la force des courants, la température de l’eau et les parois rocheuses, on estime à 10 secondes le temps qu’il vous reste à vivre si vous vous cassez la gueule là en-bas. Sympa, non ?

Encore un lieu spectaculaire qu’est celui-ci mais il commence à se faire tard. Une douche nous attend dans la petite ville d’à côté et la nuit va bientôt tomber (et je ne vous cache pas que je suis moyennement chaud à l’idée de conduire sur les routes kiwis de nuit dès notre premier jour de roadtrip).

L’aventure ne se déroulant pas toujours selon les plans, il s’avère que nous avons roulé de nuit et ce avec des phares éclairant aussi bien que 2 bougies, le tout sur des routes sinueuses et sous la pluie.

Mais ça, ça vous sera conté la prochaine fois…

DL

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